Seuil de signification en audit : définition, calcul et exemple corrigé
Par Pr. I. Najim, docteure et professeure universitaire en sciences de gestion
Publié le
La réponse courte
Le seuil de signification est le montant au-delà duquel une anomalie, seule ou cumulée, peut influencer le jugement d'un utilisateur des comptes. Les bases usuelles, indicatives, sont 5 à 10 % du résultat courant avant impôt, 0,5 à 1 % du chiffre d'affaires ou 1 à 2 % du total du bilan ; l'auditeur retient en général la base la plus pertinente et la plus prudente.
L'auditeur ne vérifie pas chaque écriture : il donne une assurance raisonnable que les comptes ne comportent pas d'anomalie significative. Encore faut-il définir ce qui est significatif : c'est le rôle du seuil de signification.
Définition
Le seuil de signification est le montant au-delà duquel une anomalie, seule ou cumulée avec d'autres, peut influencer le jugement d'un utilisateur des comptes : actionnaire, banque ou administration.
Les bases de calcul usuelles
5 à 10 % du résultat courant avant impôt, 0,5 à 1 % du chiffre d'affaires, 1 à 2 % du total du bilan ou des capitaux propres. Ces fourchettes sont indicatives : chaque cabinet fixe sa méthode et le jugement professionnel reste décisif.
Exemple corrigé
Chiffre d'affaires : 40 000 000 DH ; résultat courant avant impôt : 2 400 000 DH ; total du bilan : 30 000 000 DH. 5 % du résultat = 120 000 DH ; 0,5 % du CA = 200 000 DH ; 1 % du bilan = 300 000 DH. Par prudence, on retient 120 000 DH. Une erreur de 150 000 DH sur les stocks est donc significative.
À quoi sert le seuil ?
Il oriente l'étendue des contrôles pendant la mission, puis sert en fin de mission à évaluer le cumul des anomalies non corrigées : au-delà du seuil, l'opinion de l'auditeur peut être assortie d'une réserve.
Questions fréquentes
Quel seuil retenir quand les bases donnent des montants différents ?
En général la base la plus pertinente pour les utilisateurs des comptes, souvent le résultat, et par prudence le montant le plus faible.